La vie d'un livre

#1
Hello, tout le monde, même si je me renseigne par moi-même, rien ne vaut l’avis d’une personne qui travaille de l’intérieur. Alors voilà, si ce n’est pas un secret absolu, comment fonctionne le comité de lecture, pour les livres français que vous éditez. Vous avez plusieurs lecteurs ? Ils notent les textes qu’ils lisent, ou font des critiques ? Qu’est-ce que vous recherchez pour l’édition d’un livre français ?

Re: La vie d'un livre

#3
Nicola a écrit :
mer. juin 05, 2019 1:38 pm
Hello, tout le monde, même si je me renseigne par moi-même, rien ne vaut l’avis d’une personne qui travaille de l’intérieur. Alors voilà, si ce n’est pas un secret absolu, comment fonctionne le comité de lecture, pour les livres français que vous éditez. Vous avez plusieurs lecteurs ? Ils notent les textes qu’ils lisent, ou font des critiques ? Qu’est-ce que vous recherchez pour l’édition d’un livre français ?
Alors chez nous, c’est un éditeur qui va faire un premier tri pour sortir de la quantité faramineuse d’ouvrages et de manuscrits qui nous arrivent au quotidien (toutes langues confondues) ceux qui semble être intéressants. On va ensuite le proposer en lecture à un lecteur, d’ailleurs plus probablement, une lectrice (95%), vu que les mâles se font rares en littérature...
Si la lectrice accepte la proposition de lecture elle fait alors très rapidement une fiche de lecture détaillée avec en plus un avis personnel et un avis « éditorial ». (Ce qui sous-entend qu’elle est donc capable de donner un avis éditorial : pour Bragelonne / pas pour nous ; quel format, quelle collection, quel label ; quelle quantité de travail il y aura à faire sur le texte et sur quels points il faudrait à son avis travailler ++ etc.)
Quelle que soit la proposition de suite ou non du lecteur, l’éditeur reste le seul maître et responsable de la décision finale. (Donc si un lecteur dit : « pas bon », cela ne veut pas dire que l’éditeur ne va pas « sauver » le manuscrit de la pile des refus et l’inverse tout autant évidemment.)
Des tas de critères entrent en compte dans la composition d’un comité de lecture. L’âge, l’expérience, la facilité à faire une synthèse, à lire très rapidement et parfois dans plusieurs langues, la disponibilité et des tas d’autres critères dont le moindre est tout de même le suivant (mais là, c’est notre lot à tous,) : accepter de lire 99 ouvrages peu ou pas intéressants pour un de bon… Nous devons avoir confiance en nos lecteurs et leurs choix, car il s’agit d’une grande responsabilité (la vie d’un livre est presque entre leurs mains !), c’est pourquoi nous travaillons avec un nombre limité de lecteurs, que nous connaissons bien et avec qui nous avons une relation privilégiée.

J'espère que cette réponse t'éclaire un peu plus sur le fonctionnement de notre comité de lecture ;)
Si tu as d'autres questions n'hésite pas à les poser !

Re: La vie d'un livre

#4
Salut,
Paul Ateiluna a écrit :
Nicola a écrit :
mer. juin 05, 2019 1:38 pm
Hello, tout le monde, même si je me renseigne par moi-même, rien ne vaut l’avis d’une personne qui travaille de l’intérieur. Alors voilà, si ce n’est pas un secret absolu, comment fonctionne le comité de lecture, pour les livres français que vous éditez. Vous avez plusieurs lecteurs ? Ils notent les textes qu’ils lisent, ou font des critiques ? Qu’est-ce que vous recherchez pour l’édition d’un livre français ?
Alors chez nous, c’est un éditeur qui va faire un premier tri pour sortir de la quantité faramineuse d’ouvrages et de manuscrits qui nous arrivent au quotidien (toutes langues confondues) ceux qui semble être intéressants. On va ensuite le proposer en lecture à un lecteur, d’ailleurs plus probablement, une lectrice (95%), vu que les mâles se font rares en littérature...
Si la lectrice accepte la proposition de lecture elle fait alors très rapidement une fiche de lecture détaillée avec en plus un avis personnel et un avis « éditorial ». (Ce qui sous-entend qu’elle est donc capable de donner un avis éditorial : pour Bragelonne / pas pour nous ; quel format, quelle collection, quel label ; quelle quantité de travail il y aura à faire sur le texte et sur quels points il faudrait à son avis travailler ++ etc.)
Quelle que soit la proposition de suite ou non du lecteur, l’éditeur reste le seul maître et responsable de la décision finale. (Donc si un lecteur dit : « pas bon », cela ne veut pas dire que l’éditeur ne va pas « sauver » le manuscrit de la pile des refus et l’inverse tout autant évidemment.)
Des tas de critères entrent en compte dans la composition d’un comité de lecture. L’âge, l’expérience, la facilité à faire une synthèse, à lire très rapidement et parfois dans plusieurs langues, la disponibilité et des tas d’autres critères dont le moindre est tout de même le suivant (mais là, c’est notre lot à tous,) : accepter de lire 99 ouvrages peu ou pas intéressants pour un de bon… Nous devons avoir confiance en nos lecteurs et leurs choix, car il s’agit d’une grande responsabilité (la vie d’un livre est presque entre leurs mains !), c’est pourquoi nous travaillons avec un nombre limité de lecteurs, que nous connaissons bien et avec qui nous avons une relation privilégiée.

J'espère que cette réponse t'éclaire un peu plus sur le fonctionnement de notre comité de lecture ;)
Si tu as d'autres questions n'hésite pas à les poser !
Cool, merci pour ta réponse. Je comprends mieux comment fonctionne l’édition, chez Bragelonne. Et quand un « oui » arrive, comment cela se passe-t-il ? J’ai lu peu de chose à ce sujet. Mais vu qu’on parle plus facilement de ce qui nous ennuie, que ce qui nous va, c’est assez dur de trouver (en l’occurrence les auteurs et autrices qui reçoivent un oui. Même chez les apprentis, ils se posent plus de questions sur la réponse négatives que positives.)

Sur un site, j’ai lu qu’une femme faisait écrivaine fantôme et parfois, avec l’accord de l’éditeur et de l’auteur, elle retravaillait le roman pour l’améliorer.
Paul Ateiluna a écrit :Si la lectrice accepte la proposition de lecture elle fait alors très rapidement une fiche de lecture détaillée avec en plus un avis personnel et un avis « éditorial ». (Ce qui sous-entend qu’elle est donc capable de donner un avis éditorial : pour Bragelonne / pas pour nous ; quel format, quelle collection, quel label ; quelle quantité de travail il y aura à faire sur le texte et sur quels points il faudrait à son avis travailler ++ etc.)
Au niveau quantité de travail sur le texte ; chez les auteurs francophones, quel genre de travail faites-vous le plus souvent ?